Les Iles Chausey

 

 

ETUDE DE LA DYNAMIQUE

D’ESPECES VEGETALES PATRIMONIALES

ILES CHAUSEY

 

 

 

 

 

 

 

Novembre 2015

Réalisation : Claudine FORTUNE

Relecture : Catherine Pallard et Hervé Fortune

 

 

 

SOMMAIRE

 

1. INTRODUCTION

 

 

2. MÉTHODOLOGIE

 

 

3. RÉSULTATS

 

 

3.1. CARRE PERMANENT N°1

 

3.2. CARRE PERMANENT N°2

 

3.3. CARRE PERMANENT N°3

 

3.4. CARRE PERMANENT N°4

 

3.5. CARRE PERMANENT N°5

 

3.6. CARRE PERMANENT N°6

 

3.7. CARRE PERMANENT N°7

 

3.8. CARRE PERMANENT N°8

 

3.9. CARRE PERMANENT N°9

 

3.10. OBSERVATIONS DIVERSES

 

3.11. SYNTHÈSE GÉNÉRALE

 

3.12. INTERVENTIONS  A RÉALISER EN 2015 ET PRÉCONISATIONS DE GESTION

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

ANNEXES

 

 

LISTE DES ESPECES VEGETALES PRESENTES DANS LES CARRES PERMANENTS

 

 

 

 

 

ETUDE DE LA DYNAMIQUE D’ESPECES VEGETALES

 

PATRIMONIALES -  ILES  CHAUSEY - 2015

 

 

 

1. INTRODUCTION

 

La présente étude concerne le suivi de la dynamique d’espèces végétales patrimoniales sur la propriété de la SCI de Chausey par l’intermédiaire de carrés permanents.

 

 

2. METHODOLOGIE

 

Quatre carrés permanents à vocation expérimentale, matérialisés par des repères durables, ont été installés en juin 2011 en milieu dunaire, sur la Grande Ile. Ils comportent des espèces protégées : l’œillet de France (Dianthus gallicus) et le géranium sanguin (Geranium sanguineum) dont le développement était concurrencé par d’autres espèces végétales à plus forte dynamique.

 

La végétation de ces carrés permanents et d’une bande périphérique attenante a été fauchée/débroussaillée et exportée en septembre/octobre 2011.

 

Afin de limiter le développement des ronces, cette intervention a été renouvelée fin octobre 2012 et fin septembre 2013 dans le carré permanent n°4 et une bande périphérique attenante

 

L’étude diachronique de ces carrés permanents est destinée notamment au suivi de ces espèces protégées et des espèces à forte dynamique, suite à ces interventions.

 

Ces quatre carrés permanents ont été étudiés pour la cinquième fois en 2015.

 

Cinq autres carrés permanents également matérialisés par des repères durables ont été installés en juin 2012. Ils sont destinés au suivi de deux trèfles protégés : le trèfle raide (Trifolium strictum) et le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei), et de la gesse sphérique (Lathyrus sphaericus) qui n’est connue en Basse-Normandie qu’à Chausey.

 

Les deux carrés permanents à gesse sphérique (Lathyrus sphaericus) ont été implantés dans des secteurs où son développement était concurrencé par d’autres espèces végétales.

 

Un de ces carrés a été installé sur le tombolo de la Grande Ile et l’autre sur Grand Romont. La végétation de ces deux carrés et d’une bande périphérique attenante a été coupée et exportée fin octobre 2012  pour le premier carré et début février et fin novembre 2013 pour le second.

 

Ces deux carrés sont destinés notamment au suivi de la gesse sphérique (Lathyrus sphaericus) et des espèces à forte dynamique, suite à ces interventions.

 

Un carré permanent a été implanté au sein d’une population de trèfle raide (Trifolium strictum) située en bordure d’un chemin arrière-dunaire.

 

Deux autres carrés permanents ont été installés au sein d’une prairie superficiellement décapée en 2006, lors des travaux de lagunage. Un de ces carrés a été implanté dans un secteur de végétation à trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) comportant aussi un peu de trèfle raide (Trifolium strictum). L’autre carré a été installé dans un secteur de végétation qui était plus dense et donc moins favorable au développement des deux trèfles protégés. Ce carré à vocation expérimentale a été décapé en surface fin septembre 2012, afin de créer des conditions de milieu potentiellement favorables au développement de ces trèfles protégés.

 

Ces cinq carrés permanents ont été étudiés pour la quatrième fois en 2015.

 

Chaque carré permanent a fait l’objet d’un relevé de type phytosociologique où chaque espèce est affectée d’un coefficient d’abondance-dominance selon l’échelle de Braun-Blanquet.

 

 

Echelle d’abondance-dominance de Braun-Blanquet, 1932 :

 

Coefficient

 

5

Recouvrement compris entre 75 et 100 %

4

Recouvrement compris entre 50 et 75 %

3

Recouvrement compris entre 25 et 50 %

2

Recouvrement compris entre 5 et 25 %

1

Recouvrement inférieur à 5 %

 

 

Le coefficient « + » est rajouté par certains phytosociologues pour les recouvrements très faibles et le coefficient « i » pour désigner un seul individu.

 

Pour chaque relevé, sont également notés le recouvrement total de la végétation (en %), la hauteur moyenne et la hauteur maximale de la végétation.

 

Les carrés permanents sont étudiés tous les ans à la même époque.

 

La détermination des taxons est essentiellement faite sur le terrain, à l’aide de différentes flores mentionnées dans la bibliographie. Cependant, certains taxons d’identification plus délicate peuvent faire l’objet d’une étude au laboratoire, à la loupe binoculaire et/ou au microscope.

 

Précisions concernant les dénombrements effectués au sein des carrés permanents : lorsque c’est concrètement réalisable, un comptage du nombre de pieds présents dans les carrés permanents est réalisé pour les espèces patrimoniales. Dans la mesure du possible, le dénombrement concerne le nombre de pieds. Toutefois, lorsque la végétation est très dense et/ou lorsque l’architecture de la plante n’est pas favorable, le comptage concerne alors le nombre de tiges.

 

Les interventions de gestion programmées dans les carrés permanents (débroussaillage/  fauchage manuel ou à la débroussailleuse, décapage, exportation...) ont été réalisées par Arnaud Antoine. 

 

 

 

3. RESULTATS

 

3.1. CARRE PERMANENT N°1

 

Ce carré permanent a été implanté en juin 2011, dans un secteur de dune de l’Anse à Gruel dominé par l’oyat (Ammophila arenaria) où la fougère aigle (Pteridium aquilinum) était bien présente. Il comporte une population d’œillet de France (Dianthus gallicus), espèce protégée au niveau national, dont le développement était gêné par l’oyat (Ammophila arenaria) et par la fougère aigle (Pteridium aquilinum). L’oyat avait été introduit à Chausey dans le but de fixer les dunes.

 

La végétation de ce carré permanent ainsi que celle d’une bande de cinq mètres autour du carré ont été coupées en septembre 2011. Les produits végétaux coupés ont été ramassés et évacués du site.

 

L’étude diachronique de ce carré permanent est notamment destinée au suivi de la dynamique de l’œillet de France (Dianthus gallicus) et de l’oyat (Ammophila arenaria) suite à cette intervention.

 

 

Date  du relevé

09/06/2011

08/06/2012

03/06/2013

03/06/2014

02/06/2015

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

 

Recouvrement total

100%

80%

90%

98%

99%

Hauteur moyenne

45 cm

20 cm

25 cm

35 cm

40 cm

Hauteur maximum

107 cm

71 cm

73 cm

84 cm

98 cm

 

 

 

 

 

 

Ammophila arenaria

4

2

2

2

3

Pteridium aquilinum (1)

3

3

3/(3)   

4/(3)

4/(3)

Dianthus gallicus

2

1

1

2

2

Galium cf verum  (2)

1

1

1

1

1

Rubia peregrina

1

1

2

2

2

Ervilia hirsuta (Vicia hirsuta)

+

+

+

+

+

Vicia sativa

1

1

+

1

1

Silene nutans

1

1

1

1

2

Rumex acetosella

i

1

+

1

+

Lonicera periclymenum

1

+

1

1

1

Poterium sanguisorba (Sanguisorb­a minor)

1

1

1

1

2

Brachypodium pinnatum s. l.

1

2

2

2

2

Geranium purpureum

+

1

1

1

+

Rosa spinosissima subsp. spinosissima (Rosa pimpinellifolia)

+

+

1

1

1

Rubus sp

+

+

+

+

+

Dactylis glomerata

1

1

1

1

1

Festuca gr. rubra

1

+

1

1

1

Hedera helix s. l.

1

+

+

1

1

Euphorbia segetalis subsp. portlandica (Euphorbia portlandica)

i

i

1

1

1

Lotus corniculatus

1

2

2

2

1

Hypochoeris radicata

i

1

2

2

2

Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris (Senecio jacobaea subsp. jacobaea)

i

+

1

1

i

Avenula pubescens

i

+

1

+

+

Prospero autumnale (Scilla autumnalis)

+

+

 

 

+

Ervum tetraspermum (Vicia tetrasperma

+

+

 

 

 

Poa pratensis

 

+

+

+

+

Hyacinthoides  non-scripta

 

i

i

 

 

Cuscuta epithymum

 

+

 

1

 

Hieracium officinarum (incl. Hieracium pilosella)

 

i

1

1

1

Ligustrum vulgare

 

+

1

1

2

Anthoxanthum odoratum

 

+

1

1

+

Luzula campestris

 

i

 

i

 

Senecio sylvaticus

 

i

 

 

 

Sonchus oleraceus

 

+

+

+

 

Jasione montana s. l.

 

 

i

1

1

Holcus lanatus

 

 

1

1

+

Crepis capillaris

 

 

1

1

+

Aira caryophyllea s. l.

 

 

+

+

+

Ranunculus bulbosus

 

 

 

 

+

Erigeron sp. (3)

 

 

 

 

+

Carex arenaria

 

 

 

 

+

 

 

(1)   37 frondes en 2011 (hauteur maximale : 90 cm), 76 frondes en 2012 (hauteur maximale : 56 cm), 61 frondes en 2013 (hauteur maximale : 60 cm), 72 frondes en 2014 (hauteur maximale : 68 cm), 74 frondes en 2015 (hauteur maximale : 52 cm).

 

Le premier chiffre du tableau correspond aux frondes de l’année et le second, entre parenthèses, aux frondes mortes des années précédentes présentes dans ce carré permanent en juin. Il n’y avait pas de frondes mortes ici en juin 2012. En juin 2011, elles étaient difficilement quantifiables en raison de la forte densité de la végétation.

 

(2)   A l’état végétatif.

 

(3)   Très jeunes pieds.

 

 

 

Carré permanent n°1 en juin 2015

 

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 

Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

La végétation est encore un peu plus dense et plus haute comme le montrent les valeurs du recouvrement total et des hauteurs de la végétation relevées en 2015 dans ce carré permanent.

 

Le recouvrement total de la végétation a très légèrement augmenté par rapport à l’année dernière. La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 5 cm en un an et la hauteur maximale de 14 cm. Cette dernière valeur est due à la présence de chaumes d’oyat (Ammophila arenaria) de plus grande taille en juin 2015 qu’en juin 2014.

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons dénombrés dans le carré permanent n°1 est passé de 34 en 2014 à 35 en 2015. Rappelons que le nombre initial observé ici en 2011, avant que la végétation ne soit coupée et exportée, était de 25.

 
Apparition de taxons

 

Trois taxons nouveaux pour ce carré permanent ont été observés ici en 2015 en très faible quantité. Il s’agit de la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), de la laîche des sables (Carex arenaria) et de très jeunes pieds de vergerette (Erigeron sp).

 

En Basse-Normandie, la vergerette de Sumatra (Erigeron sumatrensis) et la vergerette à fleurs nombreuses (Erigeron floribunda) sont considérées comme invasives à surveiller alors que  la vergerette du Canada (Erigeron canadensis) est considérée comme invasive avérée. Les quelques pieds de vergerette (Erigeron sp.) apparus dans ce carré permanent appartiennent à au moins une de ces trois espèces, mais leur identité spécifique n’a pas pu être déterminée en raison leur très jeune âge.

 

La scille d’automne (Prospero autumnale), qui n’avait pas été revue ici depuis 2012, a été observée de nouveau en 2015, en très faible quantité. Il est possible qu’elle soit passée inaperçue en 2013 et 2014.

 
Disparition de taxons

 

La cuscute du thym (Cuscuta epithymum), le laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus), et le seul pied de luzule des champs (Luzula campestris) du carré permanent n’ont pas été revus ici en 2015. Le premier taxon avait été observé en faible quantité et le second, en très faible quantité. Ces trois taxons étaient apparus après l’intervention de 2011.

 

La cuscute du thym (Cuscuta epithymum) est annuelle et le laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus) est annuel à bisannuel.

 
Taxons  ayant progressé

 

La comparaison des relevés de 2014 et 2015 montre que quatre espèces ont progressé d’un coefficient d’abondance-dominance dans le carré permanent n°1 : l’oyat (Ammophila arenaria), le silène penché (Silene nutans), la petite pimprenelle (Poterium sanguisorba) et le troène commun (Ligustrum vulgare).

 

Le troène (Ligustrum vulgare) n’existait pas dans ce carré avant que la végétation ne soit coupée et exportée en 2011. Il a pu s’installer grâce à l’ouverture du milieu résultant de ces interventions. La progression du troène (Ligustrum vulgare) et de l’oyat (Ammophila arenaria) témoigne de la fermeture du milieu. Bien qu’ayant progressé, l’oyat (Ammophila arenaria) reste ici quand même moins abondant qu’avant l’intervention de 2011.

 
Taxons ayant régressé

 

Par rapport à 2014, sept taxons ont régressé dans ce carré permanent : la petite oseille (Rumex acetosella), le géranium pourpre (Geranium purpureum), le lotier corniculé (Lotus corniculatus), le séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la houlque laineuse (Holcus lanatus), le crépis verdâtre (Crepis capillaris), Tous ces taxons ont régressé d’un coefficient d’abondance-dominance sauf le séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris) qui a régressé de deux coefficients.

Synthèse

La végétation du carré permanent n°1 a continué à s’accroître en volume et en hauteur mais elle n’est pas encore aussi haute ni tout à fait aussi dense qu’avant le fauchage avec exportation de septembre 2011.

Bien qu’il ait progressé, l’oyat (Ammophila arenaria) reste ici moins abondant qu’il ne l’était avant l’intervention.

Comme en 2014, l’œillet de France (Dianthus gallicus) est doté du même coefficient d’abondance-dominance qu’en 2011, bien que la fougère aigle (Pteridium aquilinum) soit plus abondante qu’initialement.

Presque quatre ans après l’intervention, on observe encore l’apparition de nouveaux taxons.

La diversité floristique est ici nettement plus élevée qu’avant le fauchage avec exportation.

 

 

 

3.2. CARRE PERMANENT N°2

 

Le carré permanent n°2 a été installé en juin 2011, dans un fourré de troène (Ligustrum vulgare) et de ronces (Rubus sp) de la dune de l’Anse à Gruel. Il comportait une population de géranium sanguin (Geranium sanguineum), espèce protégée en région Basse-Normandie, plus ou moins étouffée par les fourrés. Rappelons que selon Zambettakis et Provost (2009), la population de Chausey constitue la seule localité du littoral nord de la France, à l’exception d’une station dans le Nord-Pas-de-Calais.

 

Ce carré a été débroussaillé en septembre 2011 ainsi qu’une bande périphérique de cinq mètres. Le produit issu de cette intervention a été ramassé et évacué du site.

 

Le suivi de ce carré au cours du temps est destiné notamment à étudier la dynamique du géranium sanguin (Geranium sanguineum) et de la végétation, suite à cette intervention.

 

 

 

Date  du relevé

09/06/2011

06/06/2012

07/06/2013

04/06/2014

03/06/2015

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

 

Recouvrement total

100%

75%

95%

98%

99%

Hauteur moyenne

60 cm

20 cm

25 cm

30 cm

35 cm

Hauteur maximum

120 cm

60 cm

76 cm

90 cm

102 cm

 

 

 

 

 

 

Ligustrum vulgare

5

3

3

4

4

Rubus sp

2

1

2

2

2

Geranium sanguineum

2

2

3

3

3

Ammophila arenaria 

2

1

1

2

2

Rubia peregrina

2

1

2

2

2

Avenula pubescens

+

+

+

+

+

Brachypodium pinnatum s. l.

+

1

1

1

1

Galium cf. verum  (1)

1

1

1

1

1

Hedera helix s. l.

2

2

2

2

2

Festuca gr. rubra

1

1

1

1

2

Lonicera periclymenum

+

 

 

 

 

Dactylis glomerata

+

1

1

1

+

Carex arenaria

+

+

+

+

+

Pteridium aquilinum (2)

+

1

1/(1)

1/(1) 

2/(1) 

Poterium sanguisorba (Sanguisorb­a minor)

+

1

1

1

1

Elytrigia cf. acuta (Elytrigia cf. atherica)

+

+

+

+

+

Geranium purpureum

 

1

1

1

+

Silene nutans

 

1

2

2

2

Poa pratensis

 

+

+

+

+

Vicia sativa

 

+

+

+

1

Papaver dubium

 

i

 

 

 

Anthriscus sylvestris

 

i

 

+

 

Prospero autumnale (Scilla autumnalis)

 

+

+

+

 

Ulex europaeus

 

 

1

1

2

Lotus corniculatus

 

 

+

+

+

Luzula campestris

 

 

1

+

 

Anthoxanthum odoratum

 

 

1

1

1

Hyacinthoides non-scripta

 

 

+

 

 

Achillea millefolium

 

 

+

+

1

Valerianella locusta

 

 

i

 

 

Ranunculus bulbosus

 

 

i

1

+

Jasione montana s. l.

 

 

+

1

1

Ervilia hirsuta (Vicia hirsuta)

 

 

 

1

1

Hypochoeris radicata

 

 

 

i

 

Aira praecox

 

 

 

+

 

Crepis capillaris

 

 

 

 

1

 

 

(1)   A l’état végétatif.

 

(2)   1 fronde en 2011 (hauteur maximale non relevée car inaccessible en raison de la densité du fourré),  2 frondes en 2012 (hauteur maximale : 42 cm), 6 frondes en 2013 (hauteur maximale : 55 cm), 3 frondes en 2014 (hauteur maximale : 50 cm), 4 frondes en 2015 (hauteur maximale : 62 cm).

 

Le premier chiffre du tableau correspond aux frondes de l’année et le second, entre parenthèses, aux frondes mortes des années précédentes présentes dans ce carré permanent en juin. Il n’y avait pas de frondes mortes ici en juin 2012. En  juin 2011, elles étaient difficilement quantifiables en raison de la très forte densité du fourré.

 

 

 

 

 

Carré permanent n°2 en juin 2015

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 

Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

Dans ce carré permanent, la végétation a continué à se fermer comme le montrent l’évolution des hauteurs et du recouvrement total  de la végétation.

 

La valeur de ce dernier a très légèrement augmenté en un an. La végétation reste cependant nettement moins dense qu’avant le débroussaillage même si le recouvrement total de la végétation ne le reflète pas vraiment.

 

La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 5 cm en un an et la hauteur maximale de 12 cm. La hausse de cette dernière valeur est due à la présence de chaumes d’oyat (Ammophila arenaria) de taille plus élevée en juin 2015 qu’en juin 2014.

 

Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons présents au sein de ce carré permanent est passé de 31 en 2014 à 27 en 2015. Rappelons que le nombre initial observé ici en 2011 avant le débroussaillage était de 16.

 

Jusqu'à présent, ce nombre avait toujours augmenté depuis l’intervention de 2011. Il a diminué ici pour la première fois. La fermeture du milieu n’est pas favorable au maintien de certaines espèces. Il convient toutefois de remarquer que la diversité floristique reste ici nettement plus élevée qu’elle ne l’était initialement en 2011.

 

Apparition de taxons

 

Un taxon nouveau pour le carré permanent n°2 a été observé en faible quantité en 2015 : le crépis capillaire (Crepis capillaris).

 

Disparition de taxons

 

Cinq taxons présents ici en 2014 n’ont pas été revus en 2015 : l’anthrisque des bois (Anthriscus sylvestris), la scille d’automne (Prospero autumnale), la luzule des champs (Luzula campestris), la canche précoce (Aira praecox), la porcelle enracinée (Hypochoeris radicata).

 

Aucun de ces taxons n’avait été observé ici en 2011, tous étaient apparus après le débroussaillage. Les deux derniers taxons étaient nouveaux pour ce carré permanent en 2014. Les quatre premiers taxons avaient été observés en très faible quantité en 2014. Quant à la porcelle enracinée (Hypochoeris radicata), elle n’était représentée que par une seule rosette.

 
Taxons  ayant progressé

 

La comparaison des relevés de 2014 et 2015 montre que cinq taxons ont progressé d’un coefficient d’abondance-dominance dans ce carré permanent : la fétuque rouge (Festuca gr. rubra), la fougère aigle (Pteridium aquilinum), la vesce cultivée (Vicia sativa), l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) et l’achillée millefeuille (Achillea millefolium).

 

La progression de la fougère aigle (Pteridium aquilinum) et de l’ajonc d’Europe (Ulex europaeus) témoigne de la fermeture du milieu. Ce dernier taxon était apparu dans ce carré permanent suite à l’ouverture du milieu résultant du débroussaillage de 2011.

 

Par rapport à l’état initial avant le débroussaillage, la fougère aigle (Pteridium aquilinum) a progressé ici de deux coefficients d’abondance-dominance.

 
Taxons  ayant régressé

 

La comparaison des données collectées en 2014 et 2015 montre que trois taxons ont régressé d’un coefficient d’abondance-dominance : le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), le géranium pourpre (Geranium purpureum), la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus).

 

Remarque

 

Depuis 2014, l’oyat (Ammophila arenaria) est doté du même coefficient d’abondance-dominance qu’avant le débroussaillage.

 

Synthèse

 

Bien qu’elle ait continué à se refermer, la végétation de ce carré permanent reste encore moins haute et moins dense qu’avant le débroussaillage de 2011.

 

La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est plus abondante ici qu’elle ne l’était avant cette intervention.

 

La diversité floristique de ce carré permanent a diminué en 2015, ce qui est une conséquence normale de la fermeture du milieu, mais elle est cependant encore nettement plus élevée qu’elle ne l’était initialement avant le débroussaillage.

 

Presque quatre ans après le débroussaillage, le géranium sanguin (Geranium sanguineum) reste plus abondant ici qu’il ne l’était avant cette intervention.

 

 

 

3.3. CARRE PERMANENT N°3

 

Ce carré permanent  a été  implanté en juin 2011 dans un secteur dunaire de l’Anse à Gruel où l’oyat (Ammophila arenaria) était globalement très dense et où la fougère aigle (Pteridium aquilinum) était bien présente. Le géranium sanguin (Geranium sanguineum) était concurrencé, ici, par ces deux espèces.

 

La végétation du carré n°3 et d’une bande périphérique de cinq mètres a été coupée, puis exportée, en septembre 2011.

 

L’étude de ce carré au fil des ans est destinée, notamment, à suivre la dynamique du géranium sanguin (Geranium sanguineum) et de l’oyat (Ammophila arenaria) suite à cette intervention.

 

 

Date  du relevé

09/06/2011

08/06/2012

07/06/2013

03/06/2014

03/06/2015

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

 

Recouvrement total

100%

85%

100%

100%

100%

Hauteur moyenne

60 cm

30 cm

40 cm

50 cm

55 cm

Hauteur maximum

135 cm

85 cm

111 cm

112 cm

128 cm

 

 

 

 

 

 

Ammophila arenaria

3

2

3

3

3

Geranium sanguineum

3

3

4

4

4

Pteridium aquilinum (1)

3

3

3/(2)

3/(2) 

4/(2) 

Ervilia hirsuta (Vicia hirsuta)

1

+

1

1

i

Vicia sativa

1

1

+

1

1

Hedera helix s. l.

1

1

1

+

1

Galium cf. verum  (2)

1

1

2

1

2

Dactylis glomerata

2

2

2

2

1

Rubia peregrina

1

1

1

1

2

Poterium sanguisorba  (Sanguisorb­a minor)

1

1

1

1

1

Silene nutans

1

1

2

2

2

Carex arenaria

1

1

1

1

+

Anthoxanthum odoratum

1

1

1

1

1

Festuca gr. rubra

1

1

1

1

1

Rosa spinosissima subsp. spinosissima (Rosa pimpinellifolia)

+

+

1

1

1

Poa pratensis

i

+

+

+

 

Elytrigia cf. acuta (Elytrigia cf. atherica)

+

+

+

+

+

Prunus spinosa

+

1

1

1

1

Brachypodium pinnatum s. l.

+

1

1

1

1

Geranium purpureum

 

2

+

1

i

Trifolium scabrum

 

+

 

 

 

Prospero autumnale (Scilla autumnalis)

 

+

+

+

+

Hypochoeris radicata

 

+

1

 

 

Crepis capillaris

 

+

1

1

 

Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris (Senecio jacobaea subsp. jacobaea)

 

+

1

+

 

Hypericum perforatum

 

+

1

1

1

Agrostis cf. stolonifera

 

1

1

1

1

Euphorbia segetalis subsp. portlandica (Euphorbia portlandica)

 

+

1

1

1

Sonchus asper

 

i

 

 

 

Luzula campestris

 

1

1

+

 

Aira caryophyllea s. l.

 

+

 

 

 

Carex caryophyllea

 

 

+

i

 

Ranunculus bulbosus

 

 

i

1

1

Jasione montana s. l.

 

 

i

 

 

Trifolium campestre

 

 

+

 

 

Orobanche minor

 

 

 

i

 

 

 

 (1)   26 frondes en 2011 (hauteur maximale : 94 cm), 59 frondes en 2012 (hauteur maximale : 65 cm), 47 frondes en 2013 (hauteur maximale : 72 cm), 48 frondes en 2014 (hauteur maximale : 87 cm), 87 frondes en 2015 (hauteur maximale : 49 cm).

Le premier chiffre du tableau correspond aux frondes de l’année et le second, entre parenthèses, aux frondes mortes des années précédentes présentes dans ce carré permanent en juin. Il n’y avait pas de frondes mortes ici  en juin 2012. En juin 2011, elles étaient difficilement quantifiables en raison de la forte densité de la végétation.

 

(2)   A l’état végétatif.

 

 

 

 

Carré permanent n°3 en juin 2015

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 

Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

La valeur du recouvrement total de la végétation est ici maximale depuis 2013. C’était également le cas initialement, avant que la végétation ne soit coupée et exportée.

 

La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 5 cm en une année et la hauteur maximale de 16 cm. La hausse de cette dernière valeur est due à la présence d’inflorescences de dactyle aggloméré (Dactylis glomerata) de plus grande taille en juin  2015 qu’en juin 2014.

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Dans ce carré permanent, le nombre total de taxons est passé de 30 en 2014 à 24 en 2015. La plus grande diversité floristique avait été observée en 2013 avec un total de 32 taxons. Rappelons que le nombre initial observé ici avant que la végétation ne soit coupée et exportée était de 19.

 
Apparition de taxons

 

Aucun nouveau taxon n’a été observé ici en 2015.

 
Disparition de taxons

 

Six taxons n’ont pas été revus ici en 2015 : le crépis verdâtre (Crepis capillaris), le pâturin des prés (Poa pratensis), le séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris), la luzule des champs (Luzula campestris), la laîche printanière (Carex caryophyllea), la petite orobanche (Orobanche minor).

 

En 2014, le premier taxon avait été observé en faible quantité, les trois suivants en très faible quantité et les deux derniers n’étaient représentés que par un pied chacun.

 

A l’exception du pâturin des prés (Poa pratensis), tous ces taxons étaient apparus ici après l’intervention de 2011. La petite orobanche (Orobanche minor) n’a été observée ici qu’en 2014.

 
Taxons  ayant progressé

 

D’après la comparaison des relevés réalisés en 2014 et 2015, quatre taxons ont progressé d’un coefficient d’abondance-dominance. Il s’agit de la fougère aigle (Pteridium aquilinum), de la garance (Rubia peregrina), du lierre (Hedera helix s. l.) et du gaillet vrai (Galium verum). La progression des deux premiers taxons témoigne de la fermeture du milieu.

 

La fougère aigle (Pteridium aquilinum) est ici plus abondante qu’elle ne l’était initialement avant le fauchage avec exportation.

 
Taxons  ayant régressé

 

Quatre espèces ont régressé dans le carré permanent n°3 : le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la laîche des sables (Carex arenaria), le géranium pourpre (Geranium purpureum) et la vesce hérissée (Ervilia hirsuta). Les deux premières espèces ont régressé d’un coefficient d’abondance-dominance et les deux dernières de deux coefficients.

 
Remarque

 

Depuis 2013, l’oyat (Ammophila arenaria) est doté du même coefficient d’abondance-dominance qu’en 2011, avant que la végétation ne soit coupée et exportée.

 

 

Synthèse

 

La végétation de ce carré permanent s’est peu à peu refermée mais reste encore un peu moins haute qu’en juin 2011 avant le fauchage avec exportation.

 

Malgré la nette diminution du nombre total de taxons observée en 2015, qui est une conséquence normale de la fermeture du milieu, ce carré permanent conserve une plus grande diversité floristique qu’avant l’intervention de 2011.

 

Le géranium sanguin (Geranium sanguineum) reste ici plus abondant qu’avant le fauchage avec exportation malgré la progression de la fougère aigle (Pteridium aquilinum) qui est plus abondante qu’initialement.

 

 

 

3.4. CARRE PERMANENT N°4

 

Le carré permanent n°4 a été installé en 2011 au sein d’un fourré situé près de la base du tombolo. Les ronces (Rubus sp) étaient ici dominantes et une population de géranium sanguin (Geranium sanguineum) était en voie d’étouffement par le fourré.

 

Ce carré et une bande périphérique de 5 mètres ont été débroussaillés début octobre 2011, le produit issu de cette intervention a été exporté.

 

Afin de limiter le développement des ronces, la végétation a de nouveau été coupée puis exportée fin octobre 2012 et fin septembre 2013 dans ce carré permanent et une bande périphérique (2 m en 2012 et 3 m en 2013).

 

L’étude de ce carré permanent chaque année a pour but de suivre la dynamique du géranium sanguin (Geranium sanguineum) et de la végétation suite à ces interventions

 

 

Date  du relevé

10/06/2011

08/06/2012

05/06/2013

04/06/2014

04/06/2015

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

 

Recouvrement total

100%

98%

95%

99%

99%

Hauteur moyenne

80 cm

30 cm

25 cm

25 cm

30 cm

Hauteur maximum

150 cm

95 cm

80 cm

96 cm

85 cm

 

 

 

 

 

 

Rubus sp

4

3

2

2

2

Geranium sanguineum

3

3

4

4

4

Pteridium aquilinum (1)

3

3

2

2

2/(1)

Galium cf. verum  (2)

1

1

1

1

1

Rubia peregrina

3

1

1

1

1

Poterium sanguisorba (Sanguisorb­a minor)

+

+

+

 

+

Hedera helix s. l.

2

1

1

1

1

Ligustrum vulgare

+

i

+

 

+

Cytisus scoparius

2

 

i

1

1

Festuca gr. rubra

+

1

1

1

1

Brachypodium pinnatum s. l.

+

1

1

1

1

Ranunculus acris

i

 

 

 

 

Dactylis glomerata

+

3

3

3

2

Carex arenaria

+

+

+

+

1

Poa pratensis

 

+

+

+

+

Euphorbia segetalis subsp. portlandica (Euphorbia portlandica)

 

1

 

 

1

Stellaria media

 

1

+

+

 

Luzula campestris

 

+

+

1

+

Crepis capillaris

 

+

+

1

1

Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris (Senecio jacobaea subsp. jacobaea)

 

1

1

2

2

Cardamine hirsuta

 

1

+

 

 

Lysimachia arvensis (Anagallis arvensis)

 

1

 

1

 

Sonchus oleraceus

 

1

+

+

 

Fumaria capreolata

 

+

 

 

 

Sonchus asper

 

1

+

+

 

Anthoxanthum odoratum

 

+

1

1

1

Senecio sylvaticus

 

+

+

1

i

Geranium purpureum

 

+

 

1

1

Silene nutans

 

+

1

1

2

Geranium molle

 

i

 

 

 

Elytrigia sp

 

1

1

1

+

Poa annua

 

1

 

 

 

Lolium perenne

 

+

 

 

+

Arenaria serpyllifolia s. l.

 

+

i

1

 

Urtica dioica

 

+

 

 

 

Vicia sativa

 

+

+

1

1

Anthriscus sylvestris

 

1

1

1

1

Agrostis cf. stolonifera

 

+

 

1

+

Hypochoeris radicata

 

 

+

1

2

Hyacinthoides non-scripta

 

 

i

 

i

Holcus lanatus

 

 

i

+

+

Prospero autumnale (Scilla autumnalis)

 

 

+

+

+

Cerastium fontanum

 

 

+

1

1

Aphanes australis

 

 

+

+

 

Bromus gr. hordeaceus

 

 

i

 

+

Rumex acetosella

 

 

i

1

+

Plantago coronopus

 

 

i

i

 

Plantago lanceolata

 

 

+

 

 

Myosotis ramosissima

 

 

 

i

 

Aira caryophyllea s. l.

 

 

 

+

 

Ranunculus bulbosus

 

 

 

1

 

Daucus carota

 

 

 

+

1

Raphanus raphanistrum subsp. landra

 

 

 

+

 

Jasione montana s. l.

 

 

 

i

1

Lotus corniculatus

 

 

 

i

i

Cerastium glomeratum

 

 

 

+

 

Conyza sp  (3)

 

 

 

+

 

Viola riviniana

 

 

 

i

 

Polygala cf. vulgaris (2)

 

 

 

 

+

Centaurium erythraea

 

 

 

 

1

Avenula pubescens

 

 

 

 

+

Teucrium scorodonia

 

 

 

 

i

 

 

(1)   33 frondes en 2011 (hauteur maximale : 1,50 m),  58 frondes en 2012 (hauteur maximale : 62 cm), 36 frondes en 2013 (hauteur maximale : 62 cm), 30 frondes en 2014 (hauteur maximale : 47 cm), 15 frondes en 2015 (hauteur maximale : 46 cm).

 

Le premier chiffre du tableau correspond aux frondes de l’année et le second, entre parenthèses, aux frondes mortes de l’année précédente présentes dans ce carré permanent au mois de juin.

 

(2)   A l’état végétatif.

 

(3)   Très jeunes pieds.

 

 

Carré permanent n°4  en juin 2015

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 

Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

Le recouvrement total de la végétation conserve la même valeur que l’année dernière. La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 5 cm en un an alors que la hauteur maximale a diminué de 11 cm. En 2015, cette dernière valeur est liée au séneçon jacobée (Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris) alors qu’en 2014 elle était due à l’anthrisque des bois (Anthriscus sylvestris).

 

La végétation reste ici moins dense et nettement moins haute qu’avant les interventions, même si le recouvrement total de la végétation ne le reflète pas.

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons observés ici est passé de 45 en 2014 à 41 en 2015. Pour la première fois ce nombre a diminué dans ce carré permanent. Cette évolution est probablement liée à l’absence d’intervention en 2014. Il convient toutefois de remarquer que ce nombre est presque égal au triple de celui de 2011, qui était seulement de 14.

 
Apparition de taxons

 

Quatre espèces nouvelles pour ce carré permanent ont été observées en 2015 : la petite centaurée (Centaurium erythraea), le polygale commun (Polygala vulgaris), l’avoine pubescente (Avenula pubescens), la germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia).

 

La première espèce a été observée en faible quantité et les deux suivantes en très faible quantité. Un seul pied de germandrée scorodoine (Teucrium scorodonia) a été vu ici en 2015.

 

L’avoine pubescente (Avenula pubescens) appartient à la liste rouge armoricaine, elle est bien implantée à Chausey.

 

Bien que la dernière intervention remonte ici à septembre 2013, de nouvelles espèces sont apparues dans ce carré permanent.

 

Six taxons non revus ici en 2014 mais qui avaient déjà été recensés auparavant ont de nouveau été observés en 2015 : l’euphorbe de Portland (Euphorbia segetalis subsp. portlandica), la petite pimprenelle (Poterium sanguisorba), le troène commun (Ligustrum vulgare), le ray-grass anglais (Lolium perenne), le brome mou (Bromus gr. hordeaceus), la jacinthe des bois (Hyacinthoides non scripta). Certains d’entre eux étaient peut-être passés inaperçus en 2014.

 

Le premier taxon a été observé en faible quantité et les quatre suivants en très faible quantité. Un pied seulement de jacinthe des bois (Hyacinthoides non scripta) a été recensé ici.

 
Disparition de taxons

 

Quatorze taxons présents en 2014 n’ont pas été revus en 2015 dans ce carré permanent : le mouron des champs (Lysimachia arvensis), la sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpyllifolia s. l. ), le mouron des oiseaux (Stellaria media), le laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus), le laiteron rude (Sonchus asper), l’alchémille à petits fruits (Aphanes australis), la canche caryophyllée (Aira caryophyllea s. l. ), la ravenelle maritime (Raphanus raphanistrum subsp. landra), le céraiste aggloméré (Cerastium glomeratum), une vergerette (Conyza sp), la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus), le myosotis hérissé (Myosotis ramosissima), la violette commune (Viola riviniana), le plantain corne de cerf (Plantago coronopus).

 

Les deux premiers taxons et la renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus) avaient été observés en faible quantité, les huit suivants en très faible quantité et les trois derniers n’étaient représentés que par un seul pied chacun.

 

Tous ces taxons étaient absents de ce carré permanent lors du relevé initial effectué en 2011. Ils avaient pu apparaître grâce à l’ouverture du milieu due aux interventions.

 

Les six premiers taxons et le plantain corne de cerf (Plantago coronopus)  étaient apparus ici avant 2014 alors que les sept suivants étaient nouveaux pour ce carré permanent en 2014.

 

Parmi ces taxons, six sont annuels (taxons en gras dans le texte ci-dessus) et cinq sont annuels à bisannuels (taxons soulignés). Le plantain corne de cerf (Plantago coronopus) est toutefois considéré comme annuel, bisannuel ou vivace par certains auteurs.

 

Le mouron des champs (Lysimachia arvensis), le mouron des oiseaux (Stellaria media), le laiteron maraîcher (Sonchus oleraceus), le laiteron rude (Sonchus asper), la ravenelle maritime (Raphanus raphanistrum subsp. landra), le céraiste aggloméré (Cerastium glomeratum) et la vergerette (Conyza sp), sont nitrophiles. En ce qui concerne ce dernier taxon, voir le dernier paragraphe page 8.

 
Taxons  ayant progressé

 

La comparaison des données collectées en 2014 et 2015 montre que cinq taxons ont progressé au sein du carré permanent n°4 : la laîche des sables (Carex arenaria), le silène penché (Silene nutans), la porcelle enracinée (Hypochoeris radicata), la carotte sauvage (Daucus carota), la jasione des montagnes (Jasione montana s. l.).

 

Ce dernier taxon a progressé de deux coefficients d’abondance-dominance et les quatre autres d’un seul coefficient.

 
Taxons  ayant régressé

 

Six taxons ont régressé dans ce carré permanent : le dactyle aggloméré (Dactylis glomerata), la luzule des champs (Luzula campestris), le chiendent (Elytrigia sp), l’agrostide stolonifère (Agrostis cf. stolonifera), la petite oseille (Rumex acetosella), le séneçon des bois (Senecio sylvaticus).

 

Les cinq premiers taxons ont régressé d’un coefficient d’abondance-dominance et le dernier de deux coefficients.

 
Remarques

 

Malgré l’absence d’intervention en 2014, le géranium sanguin (Geranium sanguineum) est doté du même coefficient d’abondance-dominance qu’en 2013 et 2014. Il est plus abondant qu’il ne l’était initialement en 2011 avant les interventions.

 

Bien qu’elles n’aient pas été coupées l’année dernière, les ronces (Rubus sp) conservent le même coefficient d’abondance-dominance qu’en 2013 et 2014. Elles sont moins abondantes qu’en 2011.

 

Bien que la fougère aigle (Pteridium aquilinum) soit dotée du même coefficient d’abondance-dominance que l’année dernière, le nombre de frondes a pourtant diminué. Ce nombre est passé de 30 en 2014 à 15 en 2015.

 

 

Synthèse

 

La végétation reste moins dense et moins haute qu’elle ne l’était initialement en 2011 avant les différentes interventions. Les ronces demeurent limitées bien que la végétation n’ait pas été coupée en 2014.

 

Jusqu’en 2014, la diversité floristique n’avait cessé d’augmenter chaque année dans ce carré permanent grâce à l’ouverture du milieu due aux interventions de 2012 et 2013. Pour la première fois ici, le nombre total de taxons a légèrement diminué, mais il est encore très élevé puisqu’il est presque égal au triple du nombre observé initialement avant que la végétation ne soit coupée et exportée.

 

Depuis 2013, le géranium sanguin (Geranium sanguineum) est ici plus abondant qu’il ne l’était en 2011 avant toute intervention.

 

 

 

3.5. CARRE PERMANENT N°5

 

Le carré permanent n°5 a été implanté en juin 2012 au sein d’une très belle population de trèfle raide (Trifolium strictum) située en bordure d’un chemin arrière-dunaire. Il est destiné au suivi de cette espèce protégée en région Basse-Normandie. Actuellement, la Grande Ile de Chausey serait la seule localité de Basse-Normandie où cette espèce subsisterait encore (C. ZAMBETTAKIS et M. PROVOST, 2009).

 

La végétation de ce carré et une bande attenante ont été coupées fin octobre 2012, fin juillet 2013 et en septembre 2014. L’étude de ce carré permanent chaque année est destinée à suivre l’impact de la gestion mise en œuvre sur le trèfle raide (Trifolium strictum).

 

Au printemps 2014, la végétation de ce carré permanent a été accidentellement coupée au tracteur peu de temps avant son étude.

 

 

 

Date  du relevé

06/06/2012

06/06/2013

04/06/2014

03/06/2015

Surface : 4m x 2m

 

 

 

 

Recouvrement total

99%

100%

100% (1)

100%

Hauteur moyenne

7 cm

15 cm

4 cm

12 cm

Hauteur maximum

55 cm

98 cm

22 cm

60 cm

 

 

 

 

 

Trifolium strictum (2)

2

1

1

2

Dactylis glomerata

2

2

2

2

Plantago lanceolata

2

2

2

2

Poterium sanguisorba (Sanguisorb­a minor)

2

2

1

2

Galium cf. verum (3)

2

2

1

2

Trifolium striatum

2

1

1

2

Trisetum flavescens

1

1

1

1

Agrostis cf. stolonifera (3)

2

2

2

1

Lolium perenne

1

1

1

1

Lotus corniculatus

1

1

1

1

Rumex acetosella

1

1

1

1

Hypochoeris radicata

1

1

1

2

Jacobaea vulgaris subsp. vulgaris (Senecio jacobaea subsp. jacobaea)

1

1

1

1

Trifolium dubium

+

+

1

1

Convolvulus arvensis

1

1

+

1

Vicia sativa

1

+

+

1

Rosa spinosissima subsp. spinosissima (Rosa pimpinellifolia)

1

1

+

1

Raphanus raphanistrum subsp. landra

1

1

1

2

Poa pratensis

+

+

+

+

Geranium molle

+

+

1

+

Prospero autumnale (Scilla autumnalis)

1

1

+

1

Trifolium scabrum

+

 

1

1

Crepis capillaris

1

2

2

2

Anthoxanthum odoratum

1

2

1

2

Brachypodium pinnatum s. l.

2

2

2

1

Festuca gr. rubra

1

1

1

1

Luzula campestris

+

1

+

+

Ranunculus bulbosus

+

+

 

 

Veronica chamaedrys

1

1

+

1

Ervilia hirsuta (Vicia hirsuta)

+

+

i

+

Cuscuta epithymum

+

 

 

+

Trifolium campestre

+

 

1

1

Trifolium glomeratum

i

 

+

 

Veronica arvensis

+

 

 

 

Medicago minima

1

 

1

i

Geranium purpureum

i

 

 

 

Bromus gr. hordeaceus

i

 

i

 

Arenaria serpyllifolia s. l.

+

 

i

+

Aphanes australis

+

 

 

 

Plantago coronopus

i

 

 

 

Medicago polymorpha

 

 

+

+

 

 

(1)   Dont litière : 30% constituée de l’accumulation de végétaux coupés.

 

(2)   En 2012, le nombre de tiges de trèfle raide (Trifolium strictum) n’a pas pu être compté car ce trèfle formait alors une population abondante et dense. Le comptage, par ailleurs trop long, aurait risqué d’endommager les trèfles qui étaient imbriqués les uns dans les autres. Nombre de tiges : 71 en 2013, 195 en 2014 (les inflorescences ont été coupées en partie ou totalement), 578 en 2015.

 

(3)   A l’état végétatif.

 

 

 

 

 

Carré permanent n°5  en juin 2015

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 
Remarque

 

Etant donné qu’en 2014 la végétation de ce carré permanent a été accidentellement coupée au tracteur peu de temps avant la réalisation du relevé, un certain nombre d’espèces ont pu passer inaperçues alors que d’autres auraient été dotées d’un coefficient d’abondance-dominance plus élevé si elles n’avaient pas été coupées. La comparaison des données de 2014 et 2015 s’avère donc quelque peu délicate.

 
Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

Le recouvrement total de la végétation est maximal en 2015 comme en 2014. La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 8 cm et la hauteur maximale de 38 cm. Cette évolution reflète l’incident du printemps 2014.

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons présents dans ce carré permanent a légèrement diminué. Il est passé de 35 taxons en 2014 à 33 en 2015. Rappelons que ce nombre était de 40 en 2012.

 
Apparition de taxons

 

La cuscute du thym (Cuscuta epithymum) qui n’avait été observée ici qu’en 2012 a de nouveau été revue en très faible quantité.

 
Disparition de taxons

 

Trois taxons n’ont pas été revus ici en 2015 : le trèfle aggloméré (Trifolium glomeratum), la luzerne polymorphe (Medicago polymorpha), le brome mou (Bromus gr. hordeaceus). Les deux premiers taxons sont annuels, ils avaient été observés en très faible quantité. Le dernier taxon est annuel à bisannuel, il n’était représenté ici que par un seul pied. La luzerne polymorphe (Medicago polymorpha) n’a été observée qu’en 2014 dans ce carré permanent.

 
Taxons dotés d’un coefficient supérieur

 

En 2015, quatorze taxons sont dotés du coefficient d’abondance-dominance immédiatement supérieur à celui qui leur avait été attribué en 2014 : le trèfle raide (Trifolium strictum), la petite pimprenelle (Poterium sanguisorba), le gaillet vrai (Galium cf verum), le trèfle strié (Trifolium striatum), la porcelle enracinée (Hypochoeris radicata), le liseron des champs (Convolvulus arvensis), la vesce cultivée (Vicia sativa), la rose pimprenelle (Rosa spinosissima subsp. spinosissima), la ravenelle maritime (Raphanus raphanistrum subsp. landra), la scille d’automne (Prospero autumnale), la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum), la véronique petit chêne (Veronica chamaedrys), la vesce hérissée (Ervilia hirsuta), la sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpyllifolia s. l.).

 

Il convient toutefois de remarquer que si l’incident du printemps 2014 n’avait pas eu lieu, ces taxons auraient peut-être été dotés d’un coefficient d’abondance-dominance plus élevé en 2014.

 

On constate notamment que certains taxons ont toujours été dotés du même coefficient d’abondance-dominance dans ce carré permanent, sauf précisément en 2014.

 

Quant au trèfle raide (Trifolium strictum), 195 tiges on été dénombrées ici en 2014 et 578 en 2015. Cependant, on ne peut pas affirmer qu’il a progressé puisque qu’en 2014 des tiges coupées ont dû passer inaperçues lors du comptage.

 

Taxons  ayant régressé

 

La comparaison des relevés réalisés en 2014 et 2015 montre que quatre taxons ont régressé dans ce carré permanent : l’agrostide stolonifère (Agrostis cf stolonifera), le géranium mou (Geranium molle), le brachypode penné (Brachypodium pinnatum s. l.) et la luzerne naine (Medicago minima).

 

Les trois premiers taxons ont régressé d’un coefficient d’abondance-dominance et le dernier de deux coefficients.

 

 

Synthèse

 

Etant donné que la végétation de ce carré permanent avait été accidentellement coupée au printemps 2014 peu de temps avant son étude, la comparaison avec les données de 2015 est délicate. On constate cependant que le trèfle raide (Trifolium strictum) est abondant ici en 2015 bien qu’il ait été coupé au printemps 2014.

 

 

3.6. CARRE PERMANENT N°6

 

Ce carré permanent a été installé en juin 2012 au sein de la prairie située au nord de Château Renault, dans un secteur qui avait été décapé superficiellement en 2006 lors de la création du lagunage. Ce carré comporte deux espèces protégées en Basse-Normandie, le trèfle raide (Trifolium strictum) et le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei).

 

Il convient de remarquer qu’il est exceptionnel de trouver ces deux espèces patrimoniales en mélange. L’étude de ce carré au fil des années est destinée au suivi de la dynamique de ces deux espèces à forte valeur patrimoniale.

 

Ce carré et le secteur dans lequel il est implanté ont été coupés avec une tondeuse fin juillet 2013. Les végétaux coupés ont ensuite été ramassés au râteau à pelouse et exportés.

 

Fin juillet 2014, la végétation de la partie sèche de la prairie et le carré permanent ont été coupés et exportés avec une tondeuse.

 

 

Date  du relevé

05/06/2012

05/06/2013

03/06/2014

02/06/2014

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

Recouvrement total

95%

98%

100%

99%

Hauteur moyenne

13 cm

10 cm

10 cm

14 cm

Hauteur maximum

82 cm

57 cm

51 cm

60 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trifolium bocconei  (1)

1

1

2

1

Trifolium strictum  (2)

1

1

1

+

Anthoxanthum odoratum

2

3

2

2

Vulpia bromoides

2

2

1

2

Agrostis cf. stolonifera (3)

2

2

2

3

Trifolium arvense

3

2

3

1

Lysimachia arvensis (Anagallis arvensis)

2

 

+

2

Ornithopus perpusillus

2

2

2

1

Plantago coronopus

3

2

2

3

Bryophytes

4

3

3

4

Trifolium campestre

1

1

2

2

Hypochoeris radicata

1

1

1

1

Trifolium glomeratum

2

2

3

1

Bromus gr. hordeaceus

1

+

+

+

Rumex acetosella

1

1

1

2

Plantago lanceolata

1

1

1

1

Lotus hispidus  (Lotus subbiflorus) (4)

1

+

1

1

Dactylis glomerata

1

1

+

+

Trifolium striatum

1

+

1

1

Vicia sativa

+

 

 

 

Trifolium dubium

1

1

1

1

Erodium cicutarium

+

 

i

+

Aira caryophyllea s. l.

+

+

1

1

Trifolium scabrum

+

+

 

 

Geranium molle

i

 

 

 

Crepis capillaris

+

1

+

1

Poa pratensis

i

+

 

 

Centaurium sp (rosettes)

+

1

 

 

Lotus angustissimus (4)

i

?

?

?

Vicia lathyroides

+

+

1

+

Trifolium subterraneum

 

1

1

+

Trifolium micranthum

 

+

 

 

Holcus lanatus

 

+

 

 

Trifolium repens

 

+

 

 

Echium vulgare

 

 

 

1

Anisantha cf. diandra

 

 

 

+

 

 

(1)   Trifolium bocconei : 86 pieds en 2012, 126 en 2013, en 2014, le nombre de pieds a été estimé à au moins mille, 133 pieds en 2015.

 

(2)  Trifolium strictum : 11 pieds en 2012, 10 en 2013, 119 en 2014, 6 en 2015.

 

(3)   A l’état végétatif.

 

(4)   Lors de la réalisation du relevé en 2012, seuls quelques fruits étaient suffisamment formés pour bien distinguer Lotus hispidus (Lotus subbiflorus) de Lotus angustissimus, il est donc possible que cette dernière espèce ait été quelque peu sous-estimée. Absence de fruits formés en 2013, 2014 et 2015.

 

 

 

 

 

Carré permanent n°6  en juin 2015

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 
Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

Le recouvrement total de la végétation a très légèrement diminué. La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 4 cm et la hauteur maximale de 9 cm. En 2015, cette dernière valeur est due à la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum).

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons observés dans ce carré permanent est passé de 26 en 2014 à 28 en 2015. Ce nombre était de 30 en 2012.

 
Apparition de taxons

 

Deux espèces nouvelles pour le carré permanent n°6 ont été observées en 2015 : la vipérine commune (Echium vulgare) et le brome à deux étamines (Anisantha cf. diandra). La première espèce a été observée en faible quantité et la seconde en très faible quantité.

 
Disparition de taxons

 

Aucun taxon n’a disparu de ce carré permanent.

 
Taxons  ayant progressé

 

La comparaison des relevés réalisés en 2014 et 2015 montre que huit taxons ont progressé dans le carré permanent n°6 : le mouron des champs (Lysimachia arvensis), la vulpie faux brome (Vulpia bromoides), l’agrostide stolonifère (Agrostis cf. stolonifera), le plantain corne de cerf (Plantago coronopus), les bryophytes, la petite oseille (Rumex acetosella), l’érodium à feuilles de cigüe (Erodium cicutarium), le crépis verdâtre (Crepis capillaris).

 

Le premier taxon a progressé de deux coefficients d’abondance-dominance et les sept suivants d’un seul coefficient.

 
Taxons  ayant régressé

 

D’après la comparaison des données collectées en 2014 et 2015, sept espèces ont régressé dans ce carré permanent : le trèfle des champs (Trifolium arvense), le trèfle aggloméré (Trifolium glomeratum), le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei), le trèfle raide (Trifolium strictum), le pied d’oiseau délicat (Ornithopus perpusillus), la vesce fausse gesse (Vicia lathyroides), le trèfle souterrain (Trifolium subterraneum).

 

Les deux premières espèces ont régressé de deux coefficients d’abondance-dominance et les cinq suivantes d’un seul coefficient. Toutes ces espèces sont annuelles, elles appartiennent à la famille des fabacées et ce sont  majoritairement des trèfles (Trifolium).

 

Le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) est passé d’au moins mille pieds en 2014 à 133 pieds en 2015 et le trèfle raide (Trifolium strictum) de 119 pieds en 2014 à 6 pieds en 2015.

 

Il convient toutefois de remarquer qu’en 2015 le nombre de pieds de trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) est plus élevé qu’en 2012 et 2013.

 

 

Synthèse

 

Dans ce carré permanent, le trèfle raide (Trifolium strictum)  et le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) ont régressé par rapport à 2014. Ce dernier est cependant plus abondant qu’en 2012 et 2013.

 

Il convient de remarquer que ces deux trèfles sont annuels et que par conséquent, leurs effectifs sont susceptibles de varier d’une année à l’autre.

 

Il est possible que cette évolution soit liée aux conditions météorologiques, le développement de ces deux trèfles étant notamment tributaire de la pluviosité. Etant donné que le printemps 2015 a été plus sec que celui de 2014, il est possible qu’il ait été moins favorable à leur développement dans ce secteur sablonneux devenant vite très sec.

 

Etant donné que les modalités de gestion ont été quelque peu différentes en 2013 et 2014 dans ce carré permanent, il est possible qu’elles aient eu une incidence sur l’évolution des effectifs de ces deux trèfles.

 

 

 

3.7. CARRE PERMANENT N°7

 

Comme le carré précédent, le carré permanent n°7 a été implanté en 2012 dans la prairie située au nord de Château Renault, dans un secteur qui avait été décapé superficiellement en 2006 mais où la végétation était un peu plus dense et donc moins favorable au trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) et au trèfle raide (Trifolium strictum), tous deux protégés en Basse-Normandie.

 

A titre expérimental et dans le but de favoriser ces deux espèces protégées, nous avons donc préconisé un décapage très superficiel de ce carré permanent et d’une bande périphérique de 10 cm avec la mise à nu du sol en arrachant la végétation (racines et parties souterraines comprises) et en évitant d’enlever de la terre, celle-ci contenant le stock de graines. Nous avons également conseillé de secouer sur place les plantes arrachées afin de ne pas évacuer de sol et donc de graines. Le décapage de ce carré permanent a été effectué fin septembre 2012.

 

Comme le carré permanent précédent, ce carré et le secteur dans lequel il est implanté ont été coupés à la tondeuse fin juillet 2013. Les végétaux coupés ont ensuite été ramassés au râteau à pelouse et exportés.

 

Fin juillet 2014, la végétation de ce carré permanent et du reste de la partie sèche de la prairie a été coupée et exportée à la tondeuse.

 

Le suivi diachronique de ce carré permanent est surtout destiné à étudier la dynamique du trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) et du trèfle raide (Trifolium strictum), suite au décapage.

 

Date  du relevé

07/06/2012

04/06/2013

02/06/2014

02/06/2015

Surface : 3m x 3m

 

 

 

 

Recouvrement total

98%

70%

97%

98%

Hauteur moyenne

20 cm

5 cm

7 cm

12 cm

Hauteur maximum

60 cm

35 cm

44 cm

58 cm

 

 

 

 

 

Agrostis cf. stolonifera

4

1

1

3

Anthoxanthum odoratum

2

1

1

2

Trifolium arvense

2

2

2

1

Bromus gr. hordeaceus

1

1

+

+

Vulpia bromoides

2

2

2

2

Plantago coronopus

2

1

2

2

Hypochoeris radicata

1

+

1

1

Erodium cicutarium

1

1

+

1

Lotus hispidus (Lotus subbiflorus) (1)

1

2

2

1

Rumex acetosella

1

1

1

1

Plantago lanceolata

1

1

1

1

Trifolium campestre

1

1

2

2

Silene latifolia subsp alba

+

 

 

 

Lysimachia arvensis (Anagallis arvensis)

1

2

+

1

Bryophytes

4

 

2

3

Ornithopus perpusillus

1

2

1

1

Trifolium dubium

+

+

+

1

Aira caryophyllea s. l.

+

1

1

1

Dactylis glomerata

+

 

 

 

Trifolium striatum

1

1

2

2

Trifolium glomeratum

1

3

4

2

Vicia lathyroides

i

+

+

i

Trifolium subterraneum

1

1

2

1

Arenaria serpyllifolia s. l.

+

+

+

 

Centaurium sp  (rosettes)

+

 

 

 

Anisantha diandra

i

 

 

 

Trifolium bocconei  (2)

+

1

1

1

Polycarpon tetraphyllum s. l.  (3)

+

1

+

 

Geranium molle

i

 

 

 

Trifolium scabrum

+

+

+

+

Trifolium micranthum

 

+

 

 

Sagina apetala

 

+

+

 

Juncus bufonius s. l.

 

+

 

 

Trifolium strictum (4)

 

 

+

i

Ervilia hirsuta (Vicia hirsuta)

 

 

+

 

Echium vulgare

 

 

 

i

 

 

(1)   Absence de fruits formés en 2013, 2014 et 2015.

 

(2)  Trifolium bocconei : 4 pieds en 2012, 11 en 2013, 89 en 2014, 75 en 2015.

 

(3)   Polycarpon tetraphyllum s. l.  : 7 pieds en 2012, 47 en 2013, 6 en 2014.

 

(4)  Trifolium strictum : 4 pieds en 2014, 1 pied en 2015.

 

 

 

 

Carré permanent n°7 en juin 2015

 

 

 

Comparaison des données recueillies en 2014 et 2015

 

 

Recouvrement total et hauteur de la végétation

 

Comme en témoigne l’évolution du recouvrement total de la végétation, le tapis végétal est redevenu aussi dense qu’en 2012 avant le décapage.

 

La hauteur moyenne de la végétation a augmenté de 5 cm en un an et la hauteur maximale de 14 cm. En 2015, cette dernière valeur est liée à la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum).

 

En 2015, la végétation de ce carré permanent est aussi dense qu’en 2012 avant le décapage mais elle est moins haute.

 
Evolution du nombre total de taxons

 

Le nombre total de taxons présents dans le carré permanent n°7 est passé de 28 en 2014 à 25 en 2015. Le nombre total de taxons présents en 2012 avant le décapage était de 30.

 
Apparition de taxons

 

Un pied de vipérine commune (Echium vulgare) a été observé ici en 2015. Il s’agit d’une nouveauté pour le carré permanent n°7.

 
Disparition de taxons

 

Quatre taxons annuels qui avaient été observés en très faible quantité l’année dernière n’ont pas été revus ici en 2015 : le polycarpon à quatre feuilles (Polycarpon tetraphyllum s. l.), la sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpyllifolia s. l.), la sagine apétale (Sagina apetala), et la vesce hérissée (Ervilia hirsuta). Le premier taxon, protégé, est toutefois présent dans d’autres secteurs de la prairie et de l’île.

 

Les deux derniers taxons étaient apparus ici après le décapage alors que les deux premiers étaient déjà présents auparavant.

 
Taxons  ayant progressé

 

La comparaison des relevés de 2014 et 2015 montre que six taxons ont progressé dans ce carré permanent : l’agrostide stolonifère (Agrostis cf. stolonifera), l’érodium à feuilles de cigüe (Erodium cicutarium), le mouron des champs (Lysimachia arvensis), les bryophytes, la flouve odorante (Anthoxanthum odoratum) et le trèfle douteux (Trifolium dubium).

 

Le premier taxon a progressé de deux coefficients d’abondance-dominance et les cinq autres d’un seul coefficient. Les quatre premiers taxons ont également progressé au sein du carré permanent n°6.

 
Taxons  ayant régressé

 

Six taxons ont régressé dans le carré permanent n°7 : le trèfle aggloméré (Trifolium glomeratum), le trèfle des champs (Trifolium arvense), la vesce fausse gesse (Vicia lathyroides), le trèfle souterrain (Trifolium subterraneum), le trèfle raide (Trifolium strictum), le lotier hispide (Lotus cf. hispidus).

 

Le premier taxon a régressé de deux coefficients d’abondance-dominance et les cinq autres d’un seul coefficient. Tous ces taxons sont annuels, ils appartiennent à la famille des fabacées et ce sont majoritairement des trèfles (Trifolium). Les cinq premiers taxons ont également régressé dans le carré permanent n°6.

 

Le trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) a conservé le même coefficient d’abondance-dominance que l’année dernière, pourtant le nombre de pieds a diminué : il est passé de 89 pieds en 2014 à 75 pieds en 2015.

 

Toutefois, en 2015 le nombre de pieds de trèfle de Boccone (Trifolium bocconei) est ici beaucoup plus élevé qu’en 2012 et 2013.

 

Le trèfle raide (Trifolium strictum) est passé de 4 pieds en 2014 à 1 pied en 2015. Il convient de remarquer qu’il était absent de ce carré permanent avant 2014.

 

 

Synthèse

 

La végétation de ce carré permanent est déjà au